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interview

«Ni Obama ni Romney n'arrive à incarner le rêve américain»

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Chocolates with the faces of U.S. President Barack Obama (R) and U.S. Republican presidential nominee Mitt Romney (L) are displayed in a chocolate box in Paris October 12, 2012. A French sweet maker unveiled a 'Presidential Election 2012' gift box featuring dark chocolates medallions imprinted with faces of U.S. presidential candidates Romney and Obama. A 'chocolate poll' accompanies all the boxes and each time a customer buys a presidential chocolate box, he or she can vote for his or her favorite candidate online. REUTERS/Christian Hartmann (FRANCE - Tags: FOOD SOCIETY POLITICS) (Photo Christian Hartmann. Reuters)
Publié le 03/11/2012 à 10h15

Pour être Président, et a fortiori pour le rester, il faut savoir faire corps avec la nation. «Une présidente pour l'Amérique, mode d'emploi», documentaire diffusé sur Arte ce mardi 6 novembre, jour d'élections, raconte comment les présidents des Etats-Unis ont su, avec plus ou moins de talent et quelques ratés, travailler leur image, leurs «corps politique», pour incarner leur fonction et leur peuple.

Thomas Snégaroff, historien spécialiste des Etats-Unis, a coréalisé ce documentaire. Auteur de

l'Amérique dans la peau

(Armand Colin) et

il commente le cas Obama-Romney.

Après quatre ans de Maison Blanche, que reste-t-il du style d'Obama ?

Barack Obama a été élu sur une promesse de changement. Changement de politique, mais aussi changement de style, changement de ton après les années George W. Bush. Son charisme, son côté cool – décontraction réelle mais néanmoins très largement construite et amplifiée par ses conseillers – a évidemment beaucoup fait. Il y a eu un effet «miroir flatteur». Obama a renvoyé aux Etats-Unis l’image qu’ils aiment donner d’eux-mêmes, celle d’un pays jeune, audacieux, tourné vers l’avenir.

Une fois à la Maison Blanche, il a fallu qu'il opère une mue pour se représidentialiser. Ce que n'avait pas réussi à faire Jimmy Carter, perçu comme trop relâché, pas assez président. Obama a gardé son charisme mais on a vu que, quand la situation était grave, il est apparu souvent froid dans ses relations diplomatiques, mâchoires serrées, pas du genre à envoyer des SMS sur son Blackberry en pleine réunion de crise. C'étai

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