Jeudi, quand il fera nuit dans le Pacifique, la Chine et les Etats-Unis se seront choisis un nouveau leader. Obama ou Romney côté américain, Xi Jinping côté chinois, puisqu'il ne fait désormais guère de doute que ce prince rouge prendra ce jour-là les rênes du Parti communiste. Il y a encore dix ou quinze ans, on aurait su dire sans peine quel événement primait sur l'autre. Aujourd'hui, l'évidence s'est dissoute. Avoir la responsabilité d'un pays de près d'un milliard et demi d'habitants, qui double sa richesse tous les sept ans depuis trente ans, vaut bien celle de présider au destin d'une Amérique blessée dans son orgueil de puissance sur le déclin. On peut se rassurer et dire, avec Hubert Védrine, que ces deux géants-là ne pourront diriger à eux seuls un monde devenu multipolaire. Mais il n'en reste pas moins vrai que leur fascination réciproque, leur dépendance désormais extrême et leurs rivalités de plus en plus brutales vont commander les équilibres et les déséquilibres de demain. Hillary Clinton l'a reconnu sans ambages, affirmant que «l'Amérique a pivoté» : pour contenir l'Union soviétique et assurer une domination globale, les Etats-Unis avaient tissé au lendemain de la Seconde Guerre mondiale des liens étroits avec l'Europe ; au nom de cette même ambition, il lui faut désormais tisser «des liens transpacifiques» pour contenir la Chine, par tous les moyens diplomatiques, économiques et militaires. L'un des enjeux sera de l'amener à assumer ses responsabilit
EDITORIAL
Pivot
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Publié le 04/11/2012 à 20h56
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