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En Ohio, un vote de méfiance

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Déçus par Obama et nostalgiques du passé industriel de l’Etat, les électeurs de Cincinnati et Norwood auront un poids décisif dans l’élection du prochain président.

Barack Obama à Cincinnati, dimanche. Aucun candidat n’a remporté l’élection présidentielle sans décrocher les voix des grands électeurs de l’Ohio. (Phpto Jason Reed. Reuters)
ParLorraine Millot
Envoyée spéciale à Cincinnati (Ohio)
Publié le 05/11/2012 à 20h46

«Travailler dur, ça rapporte !» Le mot d'ordre est écrit à la craie sur un tableau noir, à l'endroit même où General Motors assemblait jadis ses Chevrolet, ses Pontiac ou ses Buick. L'usine de Norwood, une banlieue au nord de Cincinnati, a fermé en 1987.

Après des années de décrépitude, elle a fait place à un petit centre commercial : ceux qui sont aujourd'hui invités à «travailler dur» sont les clients d'un club de fitness, des retraités qui jouent au ballon ou quelques costauds qui se sculptent les abdos. A côté, une chaîne de fast-food propose des hamburgers géants et un magasin loue des meubles, télés ou réfrigérateurs, à la semaine ou au mois. «Les choses ont beaucoup changé ici ces dernières années, résume Cedric Williams, un retraité de 69 ans, qui doit compléter sa maigre pension en travaillant encore comme chauffeur. Moi, j'espère bien que Barack Obama va être réélu, mais cela ne nous rendra pas non plus tout ce qui a été perdu. Il ne faut pas s'attendre à ce que tout soit rose pour autant. Ce sera très dur.»

A en juger par le nombre de visites de Mitt Romney et Barack Obama ces derniers jours, c'est ici, dans l'Ohio, que pourrait bien se jouer l'élection présidentielle. Et particulièrement dans cette région de Cincinnati, swing county au cœur du swing state. En 2004, le comté avait voté pour George W. Bush, en 2008 pour Barack Obama. En moyenne dans l'Ohio, les derniers sondages donnent le président sortant gagnant, avec 2

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