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Obama-Romney, vote à haut dépit

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C’est une Amérique désabusée et rongée par la crise qui choisit aujourd’hui entre le président sortant et son adversaire républicain, donnés au coude-à-coude par les derniers sondages.

Mitt Romney et Barack Obama, à l'issue du troisième et dernier débat de la campagne, le 22 octobre à Boca Raton en Floride. (Photo pool Michael Reynolds. Reuters)
ParLorraine Millot
Correspondante à Washington
Publié le 05/11/2012 à 22h17, mis à jour le 06/11/2012 à 13h02

Au fol espoir de 2008 a succédé le doute. L’Amérique qui vote aujourd’hui est un pays en doute profond d’elle-même, de son modèle, de son rôle dans le monde et de ses candidats aussi. La «division» des Américains, si souvent décrite, n’oppose plus seulement républicains et démocrates, «haves» et «have nots» (riches et pauvres), Blancs et Noirs, villes et campagnes, partisans de l’Etat et défenseurs de la libre entreprise… mais aussi ceux qui y croient encore et ceux qui ne croient plus.

Seulement 50% des Américains estiment que Barack Obama ou Mitt Romney représentent leurs points de vue, montre un récent sondage Gallup. 55% voient aussi leur pays aller «dans la mauvaise direction», au dernier baromètre ABC-Washington Post. «La moitié des Américains ne pensent pas pouvoir se reconnaître dans le prochain président, souligne Frank Newport, analyste en chef de l'institut Gallup. Les Américains doutent aussi que le futur président, quel qu'il soit, puisse changer les choses de façon positive. Après les attaques du 11 septembre 2001, les attentes vis-à-vis du gouvernement étaient très positives. Aujourd'hui, le niveau de méfiance et de cynisme est très élevé.»

«Sans religion». Le désenchantement est si général que les Américains en viennent même à douter de Dieu. Un nombre record (près de 20% contre 16% en 2008) s'avoue aujourd'hui «sans religion», selon une récente enquête du Pew Research Center. Seulement 69% se disent

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