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Chine Fang Hong, «rééduqué» pour un coup de blog

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Incarcéré pour des propos jugés critiques contre le Parti, cet internaute a vécu un an d’enfer. Comme d’autres ex-détenus, il espère obtenir réparation.

ParPhilippe Grangereau
Envoyé spécial à Chongqing
Publié le 06/11/2012 à 19h06

L’histoire de la captivité de Fang Hong est digne d’un roman de politique-fiction. Avant d’entamer le récit de son épreuve, le modeste employé du bureau des Eaux et Forêts de 46 ans, blogueur à ses heures, rajuste ses lunettes, allume une cigarette et s’assied à la table de sa cuisine. Une baie vitrée de son appartement donne sur un horizon hérissé de tours de trente étages, un concentré vertical d’humanité caractéristique de Chongqing, une commune de 30 millions d’âmes dont la superficie est équivalente à celle de l’Autriche.

Le délit qui a expédié le petit fonctionnaire dans un «camp de rééducation par le travail» tient à un tout petit fil, celui qui relie son ordinateur à Internet. Un jour d'avril 2011, il apprend qu'un avocat vient d'être condamné à la prison sur ordre du Parti, parce qu'il avait révélé que son client avait été torturé par la police. L'abus de pouvoir met Fang Hong en rogne. Cette affaire est un «tas de merde», écrit-il sur son blog.

Ce coup de gueule n'échappe pas à la wangluo jiancha zhidui («brigade de contrôle d'Internet») de Fuling, le district de Chongqing où Fang Hong habite. «Rien qu'à Fuling, on dénombre une vingtaine de ces agents qui passent leur temps à pourchasser les commentaires potentiellement subversifs», indique Fang Hong. Au téléphone, le capitaine de la brigade exige du contestataire qu'il retire son pamphlet. Prudent, celui-ci s'exécute.

Vingt-quatre heures de siège

Mais l'autocensure ne suffit pas à satisfaire la police d'Intern

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