L'homme frissonne sous le porche de sa maison. C'est là qu'il a installé le générateur qui lui permet d'alimenter son réfrigérateur et d'avoir de la lumière. Mais il n'a toujours pas le chauffage. «Cela fait huit jours que c'est comme ça , explique Peter Neuman, la voix rauque et fatiguée, on n'a toujours pas d'électricité depuis le passage de ce foutu ouragan. Les médias ne parlent que la côte du New Jersey, mais ici aussi ça a soufflé fort. Et personne ne nous dit quand cela sera rétabli, c'est une honte. Les élections? Oui bien sûr, je sais qu'il faut voter aujourd'hui, mais je n'irai probablement pas. Je n'ai plus beaucoup d'essence et je ne veux pas la gaspiller en prenant la voiture. Je la garde pour mon générateur ».
A Randolph, petite ville au centre du New Jersey, le cœur n'est pas forcément à voter, une semaine après le passage de l'ouragan Sandy. Une bonne partie de la bourgade reste encore sans courant, malgré les efforts des autorités locales, et pour beaucoup d'habitants, l'esprit n'est pas à la course présidentielle mais plutôt à l'évaluation des dégats. «S'il faut choisir entre attendre l'assureur pour voir combien il peut me rembourser après l'inondation de ma cave ou aller déposer mon bulletin dans l'urne, je préfère attendre l'assureur», dit une voisine, qui n'a pas bougé de chez elle depuis lundi dernier.
Le vote par fax autorisé
Ici, comme dans l’Etat voisin de New York, la tempête va sans aucun doute jouer les trouble-fêtes en ce jour d'élection. Alors




