En avançant en direction du Palais du peuple, où le XVIIIe congrès du Parti communiste chinois tient séance, tout donne au visiteur l'impression singulière de débarquer dans une exposition florale soumise à la loi martiale. Le périmètre de l'immense place Tiananmen, exempte de civils, est flanqué de soldats, de policiers et de parterres floraux. Fiché en plein milieu, en face du célèbre portrait géant de Mao, trône un singulier pot de fleurs pourpres haut comme trois étages d'un immeuble. Des plates-bandes automnales garnissent aussi le perron du Palais, qui sert de parking aux voitures officielles. Beaucoup de Buick, d'Audi, de Mercedes, de Toyota, mais pas de modèle chinois.
Apparatchik. A l'intérieur du massif édifice d'architecture stalinienne, les délégations du Parti de toutes les provinces et régions autonomes se réunissent chacune de leur côté, dans une salle dédiée, pour «débattre» du rapport lu jeudi par le secrétaire général (dans un Parlement normal, les débats ont lieu avant l'adoption d'un texte, et non après). Miraculeusement, l'occasion est accordée à la presse chinoise et étrangère d'assister à ces «débats», et de poser des questions aux intervenants.
Dans la salle Chongqing, préside Zhang Dejiang, 66 ans, secrétaire du Parti dans cette municipalité de 30 millions d’habitants. Cheveux teints en noir, les dents de devant en désordre, l’apparatchik est diplômé d’économie de l’université nord-coréenne Kim Il-sung, mai




