Depuis sa nomination il y a six mois, le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, se démène pour tenter de relancer l’Europe de la défense, malgré le scepticisme ambiant et la crise de la zone euro. Un mini-sommet est organisé aujourd’hui au Quai d’Orsay, réunissant, autour de Laurent Fabius et Le Drian, les ministres allemands, polonais, italiens et espagnols de la Défense et des Affaires étrangères. La réunion doit déboucher sur une déclaration affirmant la volonté de ces cinq pays de jouer d’abord collectif entre Européens, notamment dans le domaine des programmes militaires. Mais aux yeux de Paris, la relance de l’Europe de la défense passe aussi par le Sahel.
Quels sont les enjeux pour la France ?
«La donne a changé, assure Jean-Yves Le Drian, et l'Europe de la défense est devenue une nécessité. Pour au moins trois raisons. Primo, les Américains ont clairement annoncé leur rééquilibrage vers l'Asie-Pacifique. Secundo, le besoin de sécurité - comme le montre le Sahel - reste majeur pour l'Europe. Tertio, nous sommes tous confrontés à de fortes contraintes budgétaires.»
Paris s'efforce de convaincre ses partenaires européens de s'impliquer sur le terrain dans la résolution de la crise dans le Sahel. Avec un argument majeur : la situation dans le Nord-Mali, tombé aux mains de groupes islamistes, n'est pas qu'une affaire africaine, voire franco-africaine. «On ne peut pas laisser s'installer un sanctuaire terroriste m




