La nuit tombait sur la ferme de Santa Rosa de Osos, dans la région de Medellín, quand les trois hommes sont arrivés à moto. Arme au poing, ils ont rassemblé la dizaine de travailleurs encore présents. «Le propriétaire a payé l'impôt, ici ?» aurait simplement demandé leur chef. Puis le commando a ouvert le feu, et lancé une grenade sur les corps. Une seule personne a survécu, protégée des éclats par ses compagnons.
Son témoignage a permis d’attribuer rapidement cette tuerie, survenue le 7 novembre, à un groupe des Rastrojos. Cette milice est l’une des factions mafieuses qui ensanglantent aujourd’hui de vastes régions de la Colombie.
Urabeños, Paisas… Ces bandes armées sont apparues après la démobilisation de groupes paramilitaires antiguérilla, les Autodéfenses unies de Colombie (AUC, extrême droite), dont les 15 000 combattants ont officiellement fini de rendre leurs armes en 2006. Depuis, leurs principaux chefs ont été extradés aux Etats-Unis pour trafic de drogue. Mais nombre des commandants intermédiaires ont aussitôt repris les négoces des paramilitaires.
Sans-terre. Aujourd'hui, ils sont rassemblés dans une demi-douzaine de groupes aux alliances mouvantes, qui compteraient au moins 4 000 hommes. «Le chiffre peut monter à 6 000 ou 7 000 si l'on compte les bandes urbaines qui travaillent pour elles», selon le politologue Kyle Johnson. Elles tentent d'imposer leurs lois dans la plupart des régions de production de cocaïne, dont la Colombie s




