Menu
Libération

Après les bombes, les décombres

Réservé aux abonnés

Dans les archives de «Libé», il y a trois ans. Après vingt-deux jours de guerre, Gaza se réveille dans un champ de ruines. Institutions, mosquées, usines et maisons ont été ravagées par l’armée israélienne.

ParJean-Pierre Perrin
Envoyé spécial à Gaza (Libération du 20 janvier 2009)
Publié le 23/11/2012 à 19h07

Les commissariats, tous pulvérisés. Nombre de mosquées ont eu leurs dômes fracassés, leurs minarets réduits à des moignons. Les administrations se sont effondrées sous les bombes. Les stations-service ont été brûlées et beaucoup d’usines détruites. Même les casernes de pompiers ont été foudroyées, ainsi que les centres de protection civile. S’il existait un embryon d’Etat palestinien, il n’en reste plus rien aujourd’hui. L’armée israélienne a cherché à détruire tout ce qui pouvait lui en donner l’apparence. Le Parlement n’existe plus. La rue de la Ligue arabe, où nombre de ministères avaient été édifiés, n’est plus qu’un inventaire de ruines. Même le ministère de la Santé a été anéanti, comme celui de la Culture qui exhibe ses colonnes doriques abattues sur des pyramides de décombres, comme une croix grotesque tracée sur le désastre.

«Bienvenue à Gaza», dit pourtant à tous les visiteurs le fonctionnaire barbu du Hamas à la frontière. Pour chaque personne entrant dans l'enclave, il faut compter six heures de bureaucratie inepte du côté égyptien, mais seulement quelques minutes du côté palestinien. Après, de Rafah à la ville de Gaza, se devine l'itinéraire de l'armée israélienne à travers les destructions que l'on rencontre. «Quand vous voyez des maisons détruites, c'est que les soldats israéliens sont passés par là. Ils cassaient pour avancer, pour nettoyer le terrain», dit Omar Amis, 43 ans, le chauffeur de taxi. Ce père de onze enfants a repris son travail

Dans la même rubrique