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En Egypte, Morsi patron

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Le Président s’est arrogé les pleins pouvoirs jeudi, ce qui a repeuplé la place Tahrir vendredi.

Manifestation anti-Morsi place Tahrir, vendredi au Caire, (Photo Mohamed Abd El Ghany. Reuters)
ParMarwan Chahine
Correspondant au Caire
Publié le 23/11/2012 à 21h06

Plébiscité sur la scène internationale pour avoir largement contribué à l'obtention d'un cessez-le-feu entre Israéliens et Palestiniens, le président Mohamed Morsi est loin de faire l'unanimité en Egypte. «Morsi dégage», «le peuple veut la chute du régime», «Morsi, si tu enlèves ta barbe on verra Moubarak», ont scandé plusieurs dizaines de milliers de manifestants, vendredi, sur la place Tahrir. Ils étaient réunis à l'appel de tous les partis d'opposition pour dénoncer ce qu'ils considèrent comme une dérive dictatoriale du «nouveau pharaon», ainsi que l'a qualifié l'opposant Mohamed el-Baradeï.

Raison de cette colère : la veille, Morsi s'est arrogé les pleins pouvoirs, du moins jusqu'à ce que soit promulguée une Constitution, dans deux mois. Durant cette période, le Président s'autorise à prendre toute mesure pour «protéger la révolution, l'unité nationale ou la sécurité du pays», ajoutant que ses décisions ne peuvent en aucun cas être révoquées ni même contestées en justice. Morsi a par ailleurs annoncé que les responsables du meurtre de manifestants durant la révolution seraient rejugés, en premier lieu l'ancien raïs Hosni Moubarak. La plupart des responsables politiques ou policiers de l'ancien régime ont écopé de faibles peines, quand ils n'ont pas été acquittés. Enfin, le chef d'Etat égyptien a mis à pied le procureur général, Abdel Meguid Mahmoud, connu pour son hostilité aux islamistes.

«Malhabile». Ces annonces interviennent

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