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Mohamed Morsi face aux juges

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Égypte. De nombreux magistrats s’insurgent contre la décision du Président de s’arroger les pleins pouvoirs.

Publié le 25/11/2012 à 21h26

Les juges égyptiens entrent en résistance contre le Président, Mohamed Morsi, qui, en s'arrogeant jeudi les pleins pouvoirs, a décidé de se placer au-dessus du droit jusqu'à l'adoption d'une nouvelle Constitution. Ahmed Zind, président du Club des juges, a dénoncé «un coup d'Etat constitutionnel sans précédent» et «une nouvelle dictature». Certains ont fait part de leur intention d'entamer une grève jusqu'au dénouement de la crise institutionnelle. Dans plusieurs gouvernorats, notamment à Alexandrie, les juges ont laissé ce week-end robes et marteaux au vestiaire. A contrario, les Juges pour l'Egypte, proches des Frères musulmans bien qu'ils s'en défendent, ont apporté leur soutien à Morsi en dénonçant le parti pris de certains de leurs collègues, et notamment ceux de la Haute Cour constitutionnelle (HCC), accusés de vouloir «restaurer l'ancien régime».

Ce n’est pas la première fois que le Président tente d’outrepasser la justice. En juillet, il avait promulgué un décret rétablissant l’Assemblée nationale, dissoute par la HCC. Le mois dernier, il avait également essayé de se débarrasser du procureur général en le nommant ambassadeur au Vatican. Dans les deux cas, il avait dû faire machine arrière face à la levée de boucliers de l’appareil judiciaire.

«Le fait de s'en prendre à la justice n'est pas anodin. Même si certains juges étaient clairement inféodés à l'ancien régime, c'est une des seules administrations où il existait un contre-pouvoir à M

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