Longuement, la tsarine de l'Europe se laisse ovationner debout sur la tribune couverte d'un tapis orange du Palais des congrès de Hanovre. Dans son dos, le gouvernement au grand complet. A ses pieds, quelque 1 100 délégués de la CDU qu'une fois de plus elle a conquis, maniant tour à tour la flatterie, l'humour, le sérieux, la menace ou l'ironie… Réunie en congrès à Hanovre, la CDU a reconduit Angela Merkel, 58 ans, à la tête du parti, hier en fin d'après-midi, avec 97,94% des voix, score digne de la SED, ce Parti communiste est-allemand qu'elle exécrait. La seule inconnue de ce scrutin était de savoir si elle ferait mieux qu'en 2010, où elle avait obtenu 90,4% des suffrages. «L'Allemagne a été le premier pays d'Europe à retrouver, en 2011, son niveau d'avant la crise… Nous avons tenu nos promesses : l'Allemagne est plus forte après la crise qu'avant la crise !» martèle la chancelière, dans son discours de quarante-cinq minutes. Et Angela Merkel, surtout, semble plus forte que jamais. Celle qu'Helmut Kohl appelait avec condescendance «ma gamine», à ses débuts en politique à la chute du Mur, semble plus que jamais assurée de conquérir un troisième mandat, à l'issue des législatives du 22 septembre 2013.
«Teflon». Quel chemin parcouru, depuis le 10 avril 2000. Ce jour-là, à Essen, un parterre d'hommes applaudit à tout rompre. Sur la tribune, une femme pâle en blazer à rayures, coupe de page, un peu gauche, un bouquet dans chaque main, sourit. A




