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Libération
Reportage

L’Egypte déchirée entre Tahrir et les Frères musulmans

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Les islamistes ont chassé hier les manifestants des abords du palais présidentiel.

Pro et anti Mohamed Morsi près du Palais présidentiel au Caire ce mercredi. (Photo Mohamed Abd El Ghany .Reuters)
ParMarwan Chahine
Correspondant au Caire
Publié le 05/12/2012 à 21h06

Devant le palais présidentiel égyptien, les supporteurs de Mohamed Morsi ont répondu, hier, aux révolutionnaires qui avaient, la veille et par dizaines de milliers, encerclé le bâtiment. En milieu d’après-midi, ce sont des milliers de militants islamistes qui ont débarqué pour redonner une légitimité populaire au raïs acculé, et tenter d’effacer l’affront de mardi. Les centaines de révolutionnaires restés sur place ont vite été contraints de reculer face à la pression des pro-Morsi, qui ont mis à sac leur petit campement. Entre les deux groupes, une chaîne humaine a été formée, ce qui n’a pas empêché des heurts violents à renfort de cocktails Molotov, en fin d’après-midi. Des coups de feu ont été entendus. Beaucoup craignaient que les choses ne dégénèrent durant la soirée. Les pro-Morsi ont repeint en beige les murs sur lesquels les opposants avaient écrit la veille tout le mal qu’ils pensent du régime. Comme un symbole de deux Egypte qui n’arrivent plus à dialoguer et se nient sans s’écouter.

Rumeurs. La manifestation d'hier marque clairement une escalade dans le conflit qui divise les Egyptiens autour de la Constitution soumise à référendum le 15 décembre. Pour la première fois depuis quinze jours, les deux camps se font face. En province, des affrontements entre pro et anti-Morsi ont déjà eu lieu à plusieurs reprises, et des locaux des Frères musulmans ont été incendiés à Alexandrie ou Mansoura.

Mardi soir, le palais présidentiel a été le théâtre d'un spect

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