Le discours de Mohamed Morsi, jeudi soir, n’a pas apaisé les esprits, bien au contraire. Vendredi après-midi, c’est par milliers que ses opposants se sont dirigés vers le palais présidentiel. Une nouvelle fois, les gardes se sont retirés, laissant les manifestants encercler le bâtiment. Des rassemblements similaires ont eu lieu dans toute l’Egypte à l’appel de l’opposition, qui a baptisé «carton rouge» cette journée de mobilisation.
De leur côté, les partisans du Président se sont rassemblés devant la mosquée Al-Azhar avant de se rendre par milliers dans la ville du 6 Octobre, en périphérie du Caire, devant la Cité des médias. Ces derniers sont accusés par les islamistes d’être la cause de la crise en Egypte. Les supporteurs du Président ont publiquement assuré ne pas vouloir aller devant le palais, afin d’éviter des débordements. Mais, en début de soirée, Misr 25, la chaîne privée des Frères musulmans, a diffusé un bandeau indiquant que les partisans de Morsi étaient en train de se réunir devant une mosquée, à proximité de la résidence présidentielle. Un appel à peine masqué qui laissait craindre de nouveaux affrontements violents dans la nuit.
Dérive. Cela fait plus de deux semaines que l'Egypte se déchire autour de la déclaration constitutionnelle de Morsi, qui lui confère les pleins pouvoirs jusqu'à l'adoption d'une Constitution. Un texte, voté en catimini, sera soumis le 15 décembre à référendum. Outre le procédé, qui s'apparente selon eux à une dérive di




