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Récit

Chine : une greffe d’organe, exécution !

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Pékin dit vouloir mettre fin d’ici deux ans aux prélèvements corporels sur les condamnés à mort.

Publié le 10/12/2012 à 19h16

La Chine s'apprêterait à faire un grand progrès dans le domaine de l'éthique. «Les transplantations d'organes vont complètement cesser de dépendre de dons de prisonniers exécutés d'ici deux ans», a assuré en novembre le vice-ministre de la Santé, Huang Jiefu. Mais, pour l'heure, les hôpitaux chinois poursuivent leur infâme pratique consistant à se servir des condamnés à mort comme source presque exclusive de transplantations d'organes.

Les suppliciés seraient exécutés au rythme de onze par jour, selon les estimations de l’ONG américaine Dui Hua. Une partie est tuée d’une balle dans la nuque ou d’une injection létale administrée dans les camionnettes d’exécution itinérantes des tribunaux populaires.

Scalpel. Les autres condamnés, peut-être la majorité, sont exécutés à la demande par les chirurgiens des établissements publics. C'est ce qui est arrivé à Miao Qiuyi le 24 septembre 2009 dans un hôpital de Zhengzhou, capitale de la province du Henan. Ouvrier, marié et père de deux enfants, il avait été condamné à mort par le tribunal de la ville pour le double meurtre de sa maîtresse et du mari de celle-ci.

«Il est décédé sur la table d'opération de l'hôpital, sans doute au moment où on lui enlevait son cœur, son foie ou ses reins… En tout cas, ils ne l'ont pas ranimé», nous raconte son père, Miao Guosheng, 72 ans. Pour donner un semblant de légitimité à ces véritables fermes d'organes que constituent les couloirs de la mort chinois, les autorités a

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