«Alors, comment se prépare la fête ?» La serveuse d'un fast-food s'avance tout sourire, vers Mandla, petit-fils et héritier direct de Nelson Mandela : «On a lu dans le journal que vous célébrez l'umgidi [cérémonie d'initiation des jeunes garçons, ndlr] du petit-cousin. C'est toujours samedi ?» Mandla acquiesce, la remercie de son intérêt et lui passe sa commande. Comme si de rien n'était.
Le monde entier suit avec angoisse la santé du «père de la nation», âgé de 94 ans et hospitalisé depuis plus d’une semaine. Les journalistes sud-africains et internationaux se pressent devant l’hôpital de Pretoria. Les rumeurs se propagent sur la Toile. Mais, sur ses terres natales, c’est le calme plat. A Mthatha, dans la province du Cap-Oriental, le sujet est tabou. En signe de respect. Il paraît même que cela porte malheur d’en parler.
Mandla, auquel son grand-père a légué le rôle de chef de village de Mvezo, à la périphérie de Mthatha, colle au discours officiel : son grand-père est un vieil homme qui doit aller régulièrement à l'hôpital pour soigner son infection pulmonaire. Il n'y a pas d'inquiétude à avoir. «Nous apprécions les signes de soutien venus du monde entier, ajoute-il. Mais nous devons protéger notre vie privée. C'est une période douloureuse pour nous.» Mandla, du haut de ses 38 ans, est garant du nom Mandela - marque déposée à Genève - dont la Fondation Mandela (créée pour défendre sa mémoire), l'ANC (Congrès national africain, au




