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Interview

Merkhollande et zone euro : un égoïsme à courte vue

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Publié le 17/12/2012 à 19h16

Pourquoi la France et l'Allemagne ne poussent-elles pas pour l'union politique et budgétaire de la zone euro ? Pour une raison simple : les deux pays bénéficient actuellement de taux d'intérêt extrêmement bas (moins de 1%) et se lavent les mains du fait que l'Italie et l'Espagne paient des taux supérieurs à 5% et s'enfoncent dans la crise. C'est de l'égoïsme à courte vue : nous allons tous souffrir de la récession qui s'installe dans la zone euro. Sans compter que personne ne peut prévoir les réactions politiques violentes que tout cela pourrait finir par susciter en Europe du Sud ou ailleurs. Au mieux, l'Europe aura perdu une décennie à se disputer et à ne pas investir dans l'avenir. Alors même que nous avons le meilleur modèle social du monde et que nous devrions avoir les meilleures universités de la planète pour gagner la bataille de l'intelligence et du développement durable au XXIe siècle.

Au petit jeu des égoïsmes nationaux, difficile de savoir qui est le plus coupable. L’Allemagne accumule des excédents commerciaux beaucoup trop élevés : personne n’a besoin de telles réserves et par définition une telle stratégie ne peut fonctionner si chacun la suit. Mais la France, outre qu’elle se montre incapable de réformer et moderniser son système économique, fiscal et social, n’a fait en réalité aucune proposition précise permettant de mettre en commun les dettes publiques. La seule proposition concrète à ce jour reste celle du fonds de rédemption, formulée il y a t

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