En se prêtant à l'un des rituels obligés des présidents français fraîchement élus - le voyage à Alger -, François Hollande ranime l'espoir d'en finir avec le ressentiment. Ce mal tenace qui, un demi-siècle après la fin d'une guerre de sept ans, a réussi à annihiler toutes les tentatives d'apaisement. Entre les deux rives de la Méditerranée, les flux et les reflux de la mémoire et de l'oubli n'ont pas apaisé les brûlures de l'histoire. Faute d'une plongée en eaux troubles et profondes. Comme si la France et l'Algérie étaient incapables d'emprunter le chemin ardu de la réconciliation, celui-là même que Paris et Berlin avaient su trouver en dépit de trois guerres et de millions de morts. En France, les non-dits et les petits arrangements mémoriels ont longtemps entravé les vérités les plus crues. Il a fallu attendre juin 1999 pour que l'Assemblée nationale adopte une loi substituant à l'expression d'«opérations de maintien de l'ordre», celle de «guerre d'Algérie». Le climat fétide du racisme diffus et organisé demeure alimenté par une difficulté à assumer enfin la totalité de cette lourde histoire coloniale. En Algérie, une caste en uniforme a figé dans le sang et dans le marbre une version officielle de l'histoire qui occulte les zones d'ombre du FLN, de ses origines à nos jours. Des idéologues militaristes ont fomenté des guerres internes pour se maintenir au pouvoir et continuer d'accaparer une rente colossale. Ce régime, maître en falsification de l'histoi
EDITORIAL
Brûlures
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Publié le 18/12/2012 à 22h16
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