La chasse au Proglio est-elle ouverte ? Ça en a tout l'air. Comme l'a révélé le Canard enchaîné, une enquête de Bercy visant l'accord franco-chinois négocié par le patron d'EDF a été décidée fin septembre lors du dernier Conseil de politique nucléaire (CPN), présidé par François Hollande. Au cours de ce même CPN, l'exécutif a décidé, selon des sources concordantes, de reprendre en direct le contrôle des partenariats nucléaires internationaux. Et donc de retirer à EDF son statut de chef de file de la filière à l'export, que Sarkozy avait offert à Henri Proglio en 2010. «L'Elysée cherche à dézinguer Proglio», assure une source gouvernementale. De fait, au sommet de l'Etat, on a des mots très durs sur l'entourage de Proglio, qui dirige EDF depuis fin 2009. Et en particulier sur les réseaux chinois de son numéro 2, Hervé Machenaud. Lesquels alimentent, selon un haut fonctionnaire, «un climat de paranoïa complète sur la filière nucléaire».
Passif. Le dossier chinois serait-il la goutte d'eau qui a fait déborder le vase ? Car l'ex-patron de Veolia (où il a fait l'essentiel de sa carrière), chiraquien historique devenu proche de Sarkozy, a déjà un passif avec le pouvoir socialiste. Pendant la campagne électorale, il avait flingué l'accord entre le PS et les Verts sur la réduction de la part du nucléaire, estimant que cela menacerait «un million d'emplois». Est-il «le mieux placé en termes de crédibilité» pour diriger EDF,




