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«Ennahda veut instaurer une dictature élective»

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Pour l’universitaire Hamadi Redissi, le parti islamiste cherche à contrôler, outre la justice, tous les rouages de l’Etat.

Publié le 03/01/2013 à 21h56, mis à jour le 03/01/2013 à 21h56

«Politiste» comme il se définit lui-même, mais aussi philosophe, l'universitaire tunisien Hamadi Redissi est avant tout un esprit libre qui, depuis des années, analyse les racines et les dérives de l'islamisme comme dans le Pacte de Nadjd, ou comment l'islam sectaire est devenu l'islam (Seuil, 2007), sur le wahhabisme. Son dernier livre paru est la Tragédie de l'islam moderne (Seuil 2011).

Pourquoi un tel procès ?

A l'origine de cette affaire, il y a une dérive d'Ennahda qui, forte de sa victoire aux premières élections libres d'octobre 2011, a pensé s'appuyer sur les salafistes pour pousser son avantage et forcer la main aux acteurs sociaux. A l'automne, les salafistes avaient commencé une action dans l'université de la Manouba pour imposer que des étudiantes portant le niqab puissent passer les examens. Le résultat des urnes les a galvanisés. Sous le prétexte d'une agression envers une étudiante, ils ont lancé cette procédure contre le doyen de la fac, qui s'opposait à eux. Au début, le ministre de l'Education ne voulait pas trancher [en faveur des salafistes, ndlr]. Aujourd'hui, il ne le peut plus, le rapport de force n'est plus autant qu'avant en leur faveur.

La procédure judiciaire est-elle équitable ?

L’indépendance de la magistrature tunisienne est de plus en plus remise en cause. Si le doyen Kazdaghli est condamné, ce sera parce que ce gouvernement l’exige. Le ministère de la Justice intervient de plus en plus souvent dans le cours des procès, comme on l’a vu encore réce

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