Aujourd'hui je me sens comme un guerrier !» Jacob Zuma, collier de perles bleues autour du cou, brandit une lance offerte par le roi de l'ethnie Xhosa pour le récompenser de sa bravoure et de son courage. «Mais j'ai gagné beaucoup de guerres déjà», lance-t-il à près de 300 villageois, une poignée de ministres et des dizaines de chefs de village. Sous une tente blanche, érigée en pleine campagne, ses supporteurs l'acclament. Beaucoup portent des tee-shirts à son effigie et réclament en chœur un second mandat pour le président sud-africain.
La fête traditionnelle s’est tenue quelques jours avant le dernier de ses grands combats politiques. Elle marquait l’ultime ligne droite de sa campagne, avant l’élection interne de son parti. Le Président l’a remportée, le 20 décembre : l’African National Congress (ANC) l’a désigné à sa tête et, de ce fait, Jacob Zuma devrait être réélu pour un second mandat lors de la présidentielle de 2014. Ancien mouvement de libération anti-apartheid, l’ANC remporte toutes les élections générales depuis 1994.
Une vache au menu royal
Cette ultime victoire était encore incertaine il y a quelques mois. Le parti s’est déchiré, divisé entre les pro et les anti Zuma. La «Nation arc-en-ciel» a été bousculée par des grèves intenses dans le secteur minier (la tragédie de Marikana, en août, a fait 46 morts). Et le premier mandat de Jacob Zuma a été entaché par de nombreux scandales de corruption. Cette guerre électorale, remportée d’arrache-pied, le Président la doit en




