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Enquête

Afrique du Sud : le Président et toutes ses tribus

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Réélu à la tête de l’ANC, Jacob Zuma marque un point en vue de la présidentielle de 2014. D’ici là, le Président devra choyer les ethnies aux dépens de la modernité. Déjà, les femmes se rebiffent.

Le président sud-africain Jacob Zuma ouvre le congrès de l'ANC, le 16 décembre 2012 à Bloemfontein. (Photo Stephane de Sakutin. AFP)
Publié le 04/01/2013 à 19h06

Aujourd'hui je me sens comme un guerrier !» Jacob Zuma, collier de perles bleues autour du cou, brandit une lance offerte par le roi de l'ethnie Xhosa pour le récompenser de sa bravoure et de son courage. «Mais j'ai gagné beaucoup de guerres déjà», lance-t-il à près de 300 villageois, une poignée de ministres et des dizaines de chefs de village. Sous une tente blanche, érigée en pleine campagne, ses supporteurs l'acclament. Beaucoup portent des tee-shirts à son effigie et réclament en chœur un second mandat pour le président sud-africain.

La fête traditionnelle s’est tenue quelques jours avant le dernier de ses grands combats politiques. Elle marquait l’ultime ligne droite de sa campagne, avant l’élection interne de son parti. Le Président l’a remportée, le 20 décembre : l’African National Congress (ANC) l’a désigné à sa tête et, de ce fait, Jacob Zuma devrait être réélu pour un second mandat lors de la présidentielle de 2014. Ancien mouvement de libération anti-apartheid, l’ANC remporte toutes les élections générales depuis 1994.

Une vache au menu royal

Cette ultime victoire était encore incertaine il y a quelques mois. Le parti s’est déchiré, divisé entre les pro et les anti Zuma. La «Nation arc-en-ciel» a été bousculée par des grèves intenses dans le secteur minier (la tragédie de Marikana, en août, a fait 46 morts). Et le premier mandat de Jacob Zuma a été entaché par de nombreux scandales de corruption. Cette guerre électorale, remportée d’arrache-pied, le Président la doit en

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