En dépit de son apparence chétive, presque craintive, toujours caché derrière des lunettes fumées, l’homme faisait le mois dernier encore la pluie et le beau temps en Serbie. Et cela depuis au moins quinze ans. Aujourd’hui, Miroslav Miskovic attend en prison que la justice, qui l’accuse d’avoir détourné plus de 30 millions d’euros de fonds appartenant à des entreprises de construction routière, achève son enquête. Son fils Marko, petit prince de la ville dont il fut l’enfant gâté, et son principal associé, ont eux aussi été incarcérés mi-décembre.
Adhésion. On savait depuis des semaines la position du clan Miskovic menacée. Les populistes du Parti progressiste serbe (SNS), au pouvoir depuis le printemps, avaient remporté les élections en promettant une lutte implacable contre la corruption. Ils s'en étaient particulièrement pris aux privatisations opaques de la dernière décennie. Des privatisations également critiquées par l'Union européenne, qui suit minutieusement le développement d'une Serbie espérant à terme l'adhésion au club européen. La Commission européenne réclame depuis un an le réexamen de 24 privatisations controversées, dont plusieurs sont liées à la personne de Miskovic. Considéré comme l'homme le plus riche de Serbie, il est celui qui a le plus profité de la vente des entreprises publiques, tant à l'époque de Slobodan Milosevic (1986-2000) qu'après sa chute, pendant la si peu vertueuse gouvernance démocrate.
Longtemps, Miroslav Miskovic n'a pas




