C'était une des dernières revendications des associations lesbiennes, gays, bi et transexuelles (LGBT) en Suède : l'abrogation de la loi de 1972, imposant la stérilisation aux personnes transsexuelles, souhaitant changer de sexe à l'état civil. Votée à l'automne, elle devait entrer en vigueur le 1er juillet 2013. Mais la justice a pris les devants, avec la mise en application, hier, d'un arrêt de la cour d'appel administrative de Stockholm, qui suspend de fait cette stérilisation.
Appelée à se prononcer sur un jugement du tribunal administratif, la cour a estimé mi-décembre que l’intervention chirurgicale obligatoire était à la fois contraire à la loi fondamentale suédoise et à la convention européenne des droits de l’homme, et qu’elle constituait une pratique discriminatoire à l’égard des transsexuels. Après l’Allemagne et la Suisse, la Suède devient ainsi le troisième pays en Europe à supprimer cette stérilisation forcée.
Les associations veulent aller plus loin. Elles réclament désormais l'indemnisation des victimes. Selon la Fédération nationale des homos, bi et trans (RFSL), environ 500 personnes seraient concernées, dont 76 se sont déjà manifestées. Leur avocate, Kerstin Burman, demande le versement de 200 000 couronnes (soit un peu plus de 23 000 euros) par plaignant. La présidente de RFSL, Ulrika Westerlund, appelle les députés à prendre leurs responsabilités : «Si une loi donnant le droit à des réparations […] est adoptée, nous n'aurons pas besoin de po




