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Interview

Syrie : «Soigner, c’est leur manière de résister»

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De retour de Syrie, un médecin de MSF décrit la situation dans une ville de la région d'Idlib, très bombardée, où la population a monté un poste médical de fortune.

Dans un poste médical clandestin de la région d'Idlib. (Photo Abdalghne Karoof. Reuters)
Publié le 10/01/2013 à 15h09

Adrien Marteau est médecin urgentiste à Médecins sans frontières (MSF). Il vient de passer trois mois en Syrie, où l’ONG compte depuis juin 2012 trois hôpitaux situés dans le nord et le nord-ouest du pays, zone contrôlée par l’Armée syrienne libre mais sous les intenses bombardements du régime. Il s’est rendu en particulier dans un poste médical clandestin monté par des Syriens dans une localité du nord d’Idlib (le nom de cette petite ville n'est pas précisé pour des raisons de sécurité). La ville est régulièrement bombardée, et les blessés affluent dans cette structure qui fonctionne avec les moyens du bord.

Comment fonctionne le poste médical avancé où vous vous êtes rendu au nord d’Idlib ?

L'équipe est composée de volontaires syriens qui ne sont pas spécialement formés à la médecine de guerre, ou à la médecine tout court. La plupart se sont improvisés soignants. Ce sont des étudiants en dentaire, de jeunes ingénieurs... Le poste est établi dans le sous-sol d'un immeuble pour se protéger des bombardements. Ici comme ailleurs en Syrie, les structures médicales proches de l’opposition sont particulièrement visées par les bombes du régime. Les soignants sont tout le temps sur le qui-vive, ils savent qu’il leur faut être très mobile, qu’ils peuvent devoir changer d’endroit d’un moment à l’autre. Ils soignent dans des conditions extrêmement difficiles et font preuve d’un courage et d'une endurance remarquable. Soigner, c’est leur manière de résister.

Le poste fonctionne avec un générateur, puisque l'électricité est coupée depuis longtemps. Ils font les premiers s

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