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Législatives israéliennes 1/2

Israël, les espions se mettent à table

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Dans un documentaire explosif, six anciens chefs de la sécurité intérieure racontent trente ans de lutte antiterroriste, ne taisant ni les doutes ni les bavures. Un pavé dans la mare électorale.

Publié le 15/01/2013 à 19h26

Du jamais-vu en Israël. Des anciens patrons des services de renseignements, le Shin Beth, l'équivalent du FBI américain, parlent. Face à une caméra. Dans Israel Confidential (The Gatekeepers pour la version américaine), un documentaire réalisé par Dror Moreh, six des sept responsables de la sécurité intérieure de 1980 à 2011 (1), à la tête de ce «bouclier invisible» chargé de protéger le pays du terrorisme, racontent leurs réussites, leurs échecs et leurs doutes.

Diffusé en pleine campagne électorale pour les législatives du 22 janvier, le film est un terrible rappel de la réalité politique du conflit avec les Palestiniens. Un sujet que tous les candidats évitent soigneusement d’évoquer, la droite préférant agiter la menace de l’Iran, et la gauche la justice sociale - à l’exception de Tzipi Livni, la chef du parti Kadima et ancienne ministre des Affaires étrangères.

Une liberté rare

Sorti il y a deux semaines en Israël, le film fait salle comble, laissant les spectateurs pétrifiés, tandis que le débat rebondit dans les journaux et à la télévision. Youval Diskin, dernier en poste des six dirigeants interviewés (2005-2011), dit publiquement tout le mal qu'il pense de ses anciens patrons, à savoir le Premier ministre, Benyamin Nétanyahou, et son ministre de la Défense, Ehud Barak. Et c'est encore un pavé dans la campagne électorale : «Mes collègues du Shin Beth et moi ne leur faisions aucune confiance pour mener à bien une offensive sur l'Iran.» Diskin, engagé à présent

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