Petite serviette autour du cou, casquette vissée sur la tête, Charles Blé Goudé était une figure des années Gbagbo. Réfugié au Ghana voisin depuis la chute de l’ex-président ivoirien, en avril 2011, il a été arrêté hier par la police locale. Le pouvoir du nouveau chef de l’Etat, Alassane Ouattara, avait lancé un mandat d’arrêt contre l’ex-chef des Jeunes Patriotes - une milice au service de Gbagbo - pour son rôle dans les violences qui ont ensanglanté la Côte-d’Ivoire après la présidentielle de 2010.
D’abord connu à Abidjan comme leader d’un syndicat étudiant,Blé Goudé est devenu un personnage de premier plan durant les années de braise après la tentative de coup d’Etat contre Gbagbo, en 2002. Trentenaire à l’époque, il prend la tête de ces bataillons de jeunes désœuvrés des quartiers populaires d’Abidjan qui descendent dans la rue pour défendre leur président. Souvent en échange de quelques centaines de francs CFA (quelques centimes d’euros).
En habile tacticien qu’il est, Laurent Gbagbo a porté et largement financé, sinon conçu, cette nébuleuse très utile dans sa guerre asymétrique et larvée avec la France, l’ancienne puissance coloniale accusée de s’être interposée face aux rebelles venus du nord au lieu de les avoir écrasés.
Infatigable tribun, Blé Goudé a été de toutes les manifestations antifrançaises à Abidjan. En 2004, il appelle ses compatriotes à prendre d’assaut l’aéroport et la base française attenante. Après le raid d’un aéronef contre un campement de l’opération L




