Professeure d'histoire et civilisation de l'Allemagne contemporaine à la Sorbonne, Hélène Miard-Delacroix a notamment publié en 2011 le Défi européen de 1963 à nos jours, dans la collection «Histoire franco-allemande» de l'éditeur Septentrion.
Quel bilan tirer du traité de l’Elysée ?
C’est un incontestable succès et il n’existe aucun autre binôme d’Etats, y compris au sein de l’Union européenne, entretenant des relations aussi intenses. Ce traité était au départ un dispositif destiné à éviter que les successeurs de De Gaulle et Adenauer n’abandonnent l’élan fondateur. Sa force réside en sa simplicité : il oblige à écouter les contraintes du partenaire et à les intégrer dans sa propre élaboration politique. La deuxième grande leçon est celle du lien dialectique entre ces relations bilatérales et le processus de construction communautaire. Sans la coopération franco-allemande, il n’y aurait pas eu l’Union européenne telle que nous la connaissons mais, sans l’Europe, nos relations ne seraient pas ce qu’elles sont.
Les compromis franco-allemands sont-ils toujours la clé des accords européens ?
Quand cette force de proposition commune manque, les autres Etats membres s'inquiètent et cela est plus fort que la bronca à l'encontre du leadership Paris-Berlin. D'une certaine façon, toute la diversité européenne se retrouve autour de la relation entre l'Allemagne et la France, l'une plutôt nordique - rigueur, concertation, social-démocratie - et regardant vers l'Est ; l'autre plus méridionale. Un compromis représente donc encore une espèce de moyenne acceptable par tous. En revanche, la chute du m




