Menu
Libération
Analyse

L’axe franco-allemand déboussolé

Réservé aux abonnés

Si Paris reste obsédé par sa relation avec Berlin, la réciproque est de moins en moins vraie.

Le 22 septembre 1984, François Mitterrand et Helmut Kohl se donnent la main sur le champ de bataille de Verdun, créant ce qui deviendra l’image symbole de l’amitié franco-allemande. (Photo AFP)
Publié le 21/01/2013 à 21h56, mis à jour le 21/01/2013 à 21h56

Malgré la pompe des cérémonies des noces d'or, et même si la relation franco-allemande reste à nulle autre pareille, le cœur n'y est plus. Ouvertement critiquées par l'ancien ministre des Affaires étrangères Joschka Fischer, les réticences de Berlin à un engagement concret sur le terrain malien au côté de Paris sonnent comme un rappel aux réalités. Cette dissonance est révélatrice d'une approche profondément différente en matière de défense - malgré la création de la brigade franco-allemande -, et quant au rôle respectif des deux pays sur la scène internationale. «L'Allemagne ne veut plus être une grande puissance en politique étrangère», reconnaissait hier le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, dans une interview au quotidien Handelsblatt. Malgré son poids économique et politique, le pays, traumatisé par son passé, rechigne à assumer pleinement les responsabilités découlant de sa puissance.

Timidités. La complémentarité fut longtemps le ciment de ce moteur de la construction européenne. Mais aujourd'hui, «au 50e anniversaire de leur relation spéciale, Paris et Berlin semblent comme deux personnages en quête d'eux-mêmes», relève Dominique David, de l'Institut français des relations internationales, en introduction d'un très dense numéro de la revue Politique étrangère.

L'intensité des liens entre les deux pays est unique, y compris dans la variété des domaines qu'elle recouvre. «Il y a quelque c

Dans la même rubrique