Au pic de sa germanolâtrie, Nicolas Sarkozy s’était mis en tête de créer un ministre franco-allemand, qui aurait appartenu aux deux gouvernements de part et d’autre du Rhin. Jack Lang, s’y voyant déjà, avait foncé à Berlin pour un stage intensif de remise à niveau dans la langue de Goethe. Mais la lubie fut vite enterrée par la chancelière Merkel, la Constitution allemande interdisant à un ressortissant étranger d’être ministre. Même sans Jack Lang, les deux capitales possèdent de toute façon un niveau de coopération institutionnelle déjà inégalé dans le monde. Son point culminant est, une fois par an, le rituel du Conseil des ministres franco-allemand. Mais, sur le pont, tous les jours, il y a cette poignée de hauts fonctionnaires que Paris et Berlin s’échangent depuis maintenant dix ans dans plusieurs ministères (Affaires étrangères, européennes, Economie, Justice, etc...)
Par exemple, le diplomate bavarois Michael Ohnmacht arrivé en 2010 au Quai d'Orsay. Ses secrétaires écorchent toujours allégrement son nom - il a «abandonné», dit-il en riant, ses leçons de prononciation du «ch» allemand -, tandis que lui conseille déjà son quatrième ministre des Affaires européennes, de l'UMP Pierre Lellouche au socialiste Bernard Cazeneuve. Au sein du cabinet, le job de ce quadra est «d'expliquer la position allemande à Paris et la position française à Berlin», résume-t-il.
Il a le titre de «secrétaire général adjoint pour la coopération franco-allemande», ce q




