Longtemps, Benyamin Nétanyahou est resté dans l’ombre, coincé entre l’image du père, brillant historien, et celle du frère, Yonatan, tombé en héros lors de l’opération qui a libéré les otages d’un groupe palestinien à Entebbe, en Ouganda, en 1976. Pourtant, c’est bien lui, le benjamin, qui va être amené pour la troisième fois à diriger le gouvernement israélien, et c’est lui dont l’histoire se souviendra comme de l’un des Premiers ministres d’Israël à la plus importante longévité, même s’il n’a remporté cette fois la victoire qu’avec une très courte majorité et sort donc affaibli de ce scrutin.
Né il y a soixante-trois ans à Tel-Aviv, «Bibi» Nétanyahou se perçoit à la fois comme le dépositaire de la longue tradition de la droite israélienne issue des idées du philosophe Zeev Jabotinsky (1880-1940), dont son père, décédé l’an dernier, fut le secrétaire particulier, et comme le seul défenseur du peuple d’Israël face aux dangers qui le guettent. Jabotinsky s’opposait au type de sionisme défendu par les socialistes (dont le Premier ministre David ben Gourion), qui furent longtemps la seule force politique du pays. Notamment sur la vision de la terre. Le territoire d’Israël devait être le plus large possible et les disciples de Jabotinsky (tout comme les pays arabes d’ailleurs) s’opposèrent au plan de partage onusien de 1947. Mais ces idées restèrent longtemps minoritaires, il fallut attendre 1977 et Menahem Begin pour que le Likoud, héritier moral de Jabotinsky, arrive enfin au p




