Le 23 octobre 2013, Michael Peterson fêtera ses 70 ans, mais il se refuse toujours à imaginer quelles seront les circonstances de cet anniversaire. Peut-être aura-t-il lieu chez lui, dans le petit appartement de Durham, Caroline du Nord, qu'il loue depuis quelques mois. Ou chez l'un de ses enfants, qui ont tous quitté Durham et les terribles souvenirs qui y sont attachés. A moins que la justice ne tranche et le renvoie en prison où il a passé plus de huit ans, d'octobre 2003 à décembre 2011. «Même s'il existe de nombreux motifs d'espoir, on ne peut pas tout à fait exclure cette dernière possibilité, sourit Peterson. A présent, je connais assez la justice américaine pour me montrer prudent. D'ailleurs, je n'ai toujours pas le droit de m'éloigner de Durham.»
Soulevant le bas de son jean, il montre l'épais bracelet électronique noir qui enserre sa cheville gauche et dont les diodes, verte et rouge, clignotent en permanence. «C'est un peu ridicule, ça me fait souffrir et ce machin ne marche pas très bien. Dès que je prends la route qui longe la limite du comté, il se met à sonner et une voix mécanique hurle que je suis en dehors des limites. Ça m'est même arrivé une fois au cinéma, en pleine séance, sans raison. Il a fallu que je sorte et que j'appelle le commissariat.»
Capitaine des marines, vétéran du Vietnam et écrivain
Michael Peterson est cet Américain dont la vie a basculé dans la nuit du 9 décembre 2001, lorsque son épouse, Kathleen, a trouvé la mort au bas des escaliers de leur grande maison de Ceda




