Les Américains sont «ravis» et très «admiratifs» de l'intervention française au Mali, propagent les diplomates tricolores jusqu'à Washington. Un rapport du Congrès et plusieurs interviews off the record avec des officiels américains montrent que la réalité est plus subtile. L'administration Obama se place plutôt dans une habile position de soutien sceptique, espérant tirer profit de l'intervention française si elle réussit, ou s'en distancer si jamais elle tourne au fiasco. «Il n'est pas clair que les forces maliennes soient capables ou disposées à suivre les frappes françaises en assurant la sécurité et la maîtrise des territoires libérés des insurgés», met ainsi en garde le service de documentation du Congrès dans un rapport. «La même préoccupation vaut pour les troupes attendues des pays voisins, qui ont de sérieuses lacunes en nombre, logistique ou financement», poursuivent les auteurs, mettant aussi en garde contre les effets potentiels de l'intervention : «attaques terroristes» ou «frictions supplémentaires au sein de l'armée malienne».
Tout en répétant «soutenir les objectifs français au Mali», l'administration Obama a exprimé ses réserves, se montrant même particulièrement pingre jusqu'à présent. De façon peu amicale, le Pentagone est allé jusqu'à présenter la facture à Paris pour les avions-cargos qu'il met à sa disposition pour transporter troupes et équipements français à Bamako. Ceci jusqu'à c




