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Pinar Selek, le verdict de l’injustice turque

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Procès . Après l’annulation de trois acquittements, la sociologue a été condamnée à la prison à vie, jeudi.

Publié le 25/01/2013 à 20h56

La condamnation à la prison à vie de la sociologue Pinar Selek, 41 ans, pour un supposé attentat commis il y a quatorze ans, illustre les dérives de la justice turque. Après avoir délibéré pendant plus d'une heure, les juges ont rendu jeudi leur verdict, considéré comme d'autant plus scandaleux qu'il annule trois acquittements pour les mêmes faits, dont les deux derniers, en 2008 et 2011, ont été prononcés… par cette même 12e cour pénale d'Istanbul. Ces juges avaient profité de l'absence pour maladie du magistrat chargé du dossier pour juger recevable, le 22 novembre, l'arrêt rendu en cassation invalidant l'acquittement de l'intellectuelle.

Calvaire. «Nous sommes face à un vrai scandale juridique ; même en Turquie on n'a jamais vu un tel déni de droit», déclarait à l'issue du procès Alp Selek, le père de l'universitaire qui, elle, réside à Strasbourg et compte désormais demander l'asile politique à la France afin d'éviter toute extradition. Décidée «à résister jusqu'au bout», cette féministe connue pour ses recherches sur les minorités marginalisées (transsexuels) ou ethniques, comme les Kurdes, va se pourvoir en cassation.

C’est une affaire interminable et symbolique. Le calvaire judiciaire de Pinar Selek a commencé en juillet 1998, peu après une explosion au bazar des épices, haut lieu touristique d’Istanbul, qui fait sept morts. Abdulmecit Oztürk, un jeune militant du PKK, la guérilla indépendantiste kurde, est arrêté et, sous

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