Des villes reprises les unes après les autres, sans combat ou presque. Des foules en liesse qui acclament les soldats français à leur entrée dans Gao ou dans les faubourgs de Tombouctou. L’armée française n’avait sans doute jamais été à pareille fête depuis les indépendances en Afrique, il y a un peu plus de cinquante ans. A fortiori au Mali, un pays au patriotisme à fleur de peau, qui entretenait jusqu’au lancement de l’opération «Serval», le 11 janvier, des rapports tumultueux avec l’ancienne puissance coloniale.
Les militaires n’entendent pas bouder leur satisfaction, au moment où, à Paris, on discute d’un nouveau livre blanc chargé de définir les orientations stratégiques du pays pour les quinze ans à venir, avant le vote d’une loi de programmation militaire (LPM), annoncée comme drastique pour l’institution.
Drones. Après la prise de Gao, samedi , les forces spéciales françaises se sont emparées de l'aéroport de Tombouctou dans la nuit de dimanche à lundi, avant l'entrée des blindés légers dans la ville. Celle-ci avait, semble-t-il, été désertée par les groupes armés qui y ont fait régner la terreur pendant neuf mois. Comme lors des épisodes précédents de cette contre-offensive éclair, l'arrivée des troupes au sol a été préparée par des frappes aériennes, sur lesquelles l'état-major garde une discrétion quasi absolue. Peut-être parce qu'au-delà de l'anéantissement de dépôts de carburant, d'installations logistiques qu'on devine sommaires, ou des quelques




