Tiens, ça remue sur tous les fronts… C’est peut-être cela, la guerre «asymétrique», comme disent les experts de la chose, galonnés de crise et plumitifs en campagne, à propos du «terrain» sahélien. A propos des autres aussi, d’ailleurs, tant l’asymétrie, si elle désigne au premier chef la disproportion des forces en présence, semble prépondérante dans les considérations stratégiques du commandant en chef Hollande, en sa gestion simultanée du sociétal, du national et du diplo, de la politique en général et de la communication itou. Voyons cela.
Le front malien est le premier, en vertu de la théorie très à la mode selon laquelle un président de la Ve République ne saurait l'être tout à fait avant d'avoir sur des cartes d'état-major déplacé des soldats de plomb, et du dogme très intangible de l'union nationale et sacrée censée ranger la nation tout entière derrière ses cliques, fanfares et drapeaux. Le front malien, bien que le moins visible, est le plus spectaculaire. Le Blitz qu'il déroule assurément impressionne les observateurs du court terme, qui peinent à suivre. Plus vite même que les journalistes de télé embarqués dans les fourgons de la troupe, invités à filmer (mais toujours de derrière) une liesse qui secoue de petits drapeaux et à recueillir l'expression d'une émouvante reconnaissance, ils foncent. Bamako, Konna, Mopti, Sévaré, Tombouctou, Gao hier et demain Kidal, ah ah ah !
L'euphorie de Bernard Guetta [chroniqueur à Libération, ndlr], enivré par




