Les femmes de Tombouctou ont poussé hier un «ouf» de soulagement en apprenant l'arrestation d'Ahmed Mohamed Mossa. Considéré comme le numéro 3 d'Ansar ed-Dine, il était leur bête noire, l'homme qui pénétrait jusque dans les maisons de la cité du désert pour vérifier qu'elles portaient une tenue jugée conforme à la charia. Ce natif de la région de Tombouctou aurait été intercepté à l'extrême nord du Mali par un groupe armé, sans plus de précisions. «Qu'on l'amène ici, nous allons nous occuper de lui !» clamait hier Aïcha, une habitante de la «cité des 333 saints». Pendant des mois, cette mère de famille ne se risquait plus à mettre le nez dehors, sauf quand il n'y avait plus rien à manger. «Pour aller au marché, il fallait se couvrir de la tête au pied pour ne pas avoir de problème. Dès qu'elles reconnaissaient la voiture rouge de Mossa, toutes les femmes s'enfuyaient en courant», raconte-t-elle.
A la tête du «Centre de recommandation du convenable et d'interdiction du blâmable», Ahmed Mohamed Mossa faisait régner la terreur dans les rues sablonneuses, n'hésitant pas à administrer lui-même les coups de fouet aux femmes jugées provocantes. Il suffisait de porter un vêtement jugé trop ample ou pas assez opaque pour être emmenée sans autre forme de procès dans la «prison des femmes», sise dans une agence de la Banque malienne de solidarité. La minuscule pièce où se trouvait le distributeur automatique avait été reconvertie en cellule. Une dizaine de fem




