Quand le président américain décide de l'exécution d'un citoyen américain, ne faudrait-il pas en informer le Congrès, ou un tribunal ? Et comment s'assurer qu'il représentait bien une menace «imminente» pour les Etats-Unis ? De façon très révélatrice, le débat, relancé cette semaine aux Etats-Unis sur les assassinats par frappes de drones, porte sur les détails, la transparence et la nationalité des cibles, plutôt que sur le principe même de ces assassinats. En novembre, au moment des élections qui auraient pu mettre fin à la présidence Obama, la Maison Blanche avait fait savoir qu'elle établissait des «règles» pour encadrer ces «assassinats ciblés» que le Président a multipliés depuis son arrivée au pouvoir. Au Pakistan et au Yémen, plus de 350 frappes ont fait, depuis 2009 au moins 2 505 morts, dont trois citoyens américains.
En attendant toujours le cadre juridique annoncé, l'administration Obama a laissé fuiter cette semaine un document du ministère de la Justice justifiant l'assassinat de l'imam américano-yéménite Anwar al-Aulaqi en septembre 2011 au Yémen. Ce document explique que le président peut décider d'un tel assassinat s'il a reçu «d'un officiel américain informé et de haut niveau» l'information qu'il s'agit d'un «dirigeant opérationnel d'Al-Qaida ou d'une force qui lui est associée» et qu'il représente une «menace imminente d'attentats violents contre les Etats-Unis».
Mais comment justifier l'assassinat de cit




