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Syrie : divergences au sommet à Washington

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Stratégie . Barack Obama a interdit la livraison d’armes contre l’avis des chefs des organes de Défense.

ParLorraine Millot
Washington, de notre correspondante
Publié le 08/02/2013 à 22h31

Seul contre tous, ou presque, Barack Obama a refusé de livrer des armes aux rebelles syriens. Plusieurs mois après, on commence à y voir plus clair sur les batailles en coulisses autour de cette décision, prise courant 2011, alors que la Syrie reste la plus dramatique manifestation de l’impuissance américaine. Pour la première fois, le secrétaire à la Défense, Leon Panetta, et le chef d’état-major des armées, Martin Dempsey, ont indiqué, jeudi au Sénat, avoir été favorables à de telles livraisons d’armes, proposées l’été dernier par le directeur de la CIA d’alors, David Petraeus.

L’idée, défendue aussi par la secrétaire d’Etat de l’époque, Hillary Clinton, était de livrer des armes à des groupes rebelles soigneusement sélectionnés pour les renforcer non seulement face aux forces du régime, mais aussi face aux groupes jihadistes tel le front al-Nusra, qui ne cessent de monter. L’objectif était d’accélérer la chute du régime tout en renforçant et s’assurant l’allégeance de forces modérées qui pourraient lui succéder.

Campagne. Surtout préoccupé à l'époque par sa campagne électorale, lors de laquelle il faisait plutôt miroiter aux Américains la fin d'une décennie de guerres lointaines, en Irak et en Afghanistan, Barack Obama a donc décidé assez seul, contre l'avis des dirigeants de la CIA, du Pentagone et du département d'Etat réunis, de ne pas s'engager dans ces livraisons d'armes à la Syrie. Dernièrement, le Président défendait encore sa po

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