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Ball-trip à Warrenton

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Sur le stand de tir d’une petite ville de Virginie, des Américains expliquent pourquoi ils n’ont aucune intention de dire adieu aux fusils d’assaut.

Daniel L. a acquis récemment, pour 885 euros, son Bushmaster 223, le même modèle que celui dont s'est servi le tueur de l'école de Newtown. (Photo Allison Shelley)
ParLorraine Millot
Envoyée spéciale à Warrenton (Virginie)
Publié le 10/02/2013 à 19h06, mis à jour le 11/02/2013 à 12h56

Un dimanche ordinaire chez les Clark Brothers, à Warrenton, 80 kilomètres au sud-ouest de Washington. Du matin au soir, on se presse à la boutique et au stand de tir, orné d'une maxime : «Les fusils n'ont que deux ennemis : la rouille et les hommes politiques.» Comme partout aux Etats-Unis, le magasin est en rupture de stock pour les fusils d'assaut : au lendemain de la tuerie de Newtown qui a vu, le 14 décembre, un jeune déséquilibré abattre 26 personnes dont 20 enfants dans une école primaire avec, entre autres, un semi-automatique Bushmaster, les amateurs se sont rué sur ce modèle et tous les autres types d'armes d'assaut, craignant qu'ils ne soient bientôt bannis.

Une proposition de loi déposée fin janvier prévoit l'interdiction de la vente, la fabrication et l'importation de 157 modèles de fusils et pistolets d'assaut, ainsi que des chargeurs de plus de dix balles. Elle exige aussi la vérification systématique des antécédents judiciaires de toute personne souhaitant acquérir une arme à feu. Barack Obama a promis de s'engager personnellement dans la bataille, mais l'épreuve s'annonce très rude au Congrès. Chez les Clark Brothers, les rayons de fusils d'assaut sont vides, mais les amateurs défilent avec les Bushmaster et autres AR-15 (des fusils semi-automatiques) qu'ils avaient déjà chez eux ou qu'ils ont réussi à acheter ces dernières semaines. Ces Américains sont bien résolus à ne pas se laisser voler leur «droit» et leur «liberté» de posséder

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