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Portrait

Joseph Ratzinger, le berger allemand

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Devenu pape en 2005, après vingt années passées à traquer les déviances au sein de l’Eglise, ce théologien brillant n’a pas réussi à se départir de son image d’antimoderne.

Benoît XVI lors de la prière de l'angélus, le 17 février 2013 au Vatican. (Photo Max Rossi. Reuters)
Publié le 11/02/2013 à 22h06

Philosophe et théologien de haut vol devenu le 264e successeur de Pierre, il s'était installé dans les appartements pontificaux avec tous ses livres, sa vieille table de travail achetée au début des années 50, son piano où il joue des sonates de Mozart et ses chats. Benoît XVI a toujours été avant tout un intellectuel et le théoricien d'une certaine idée de l'Eglise, apparemment antimoderne. Cette décision révolutionnaire de démission montre qu'il a une personnalité beaucoup plus complexe. Jamais, cet homme à la silhouette menue, apparemment fragile malgré l'intensité de son regard bleu d'acier, n'a caché le poids que représentait, vu son âge, la charge de souverain pontife, à la fois chef spirituel de plus d'1,2 milliard de catholiques de par le monde et chef de l'Etat du Vatican (0,44 km2), ultime ancrage, en plein cœur de la Ville éternelle, du règne temporel des papes.

Les défis du «Panzerkardinal»

Son élection dès le troisième tour de scrutin du conclave d'avril 2005 fut pour lui un choc, même s'il était donné comme l'un des grands favoris, voire comme le plus probable successeur de Jean Paul II par les vaticanistes. «La pensée de la guillotine m'est venue, maintenant le couperet tombe», confia Benoît XVI quelques années plus tard dans Lumière du monde, un livre interview avec le journaliste allemand Peter Seewald (Bayard).

Il espérait un peu de repos après avoir été pendant plus de vingt ans préfet de la Congrégation pour

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