«N'essayez pas de dominer par la force, cherchez les faiblesses de votre adversaire.» Ces propos ne sortent pas d'un mauvais film de kung-fu mais d'un gymnase de Maadi, banlieue chic du Caire où un maître de taekwondo montre à une vingtaine de jeunes femmes comment maîtriser un assaillant en lui tordant le doigt ou en le frappant à la gorge. Elles reproduisent les mouvements dans une ambiance rigolarde. Ce qui les réunit n'a pourtant rien de léger : elles ont répondu à l'appel lancé par Tahrir Bodyguard contre le harcèlement sexuel.
Outre les cours d’autodéfense, cette association créée en novembre organise des escortes de manifestantes ou de l’assistance aux victimes de ce qui constitue l’une des grandes plaies d’Egypte. Dans presque chaque manifestation d’ampleur, on voit débarquer ces bandes armées qui encerclent, déshabillent, touchent et violent des femmes. S’agit-il de crimes organisés à des fins politiques ou de violences spontanées ? Si la plupart des Egyptiens sont convaincus de la première hypothèse, il est difficile de répondre, car les agresseurs parviennent souvent à disparaître dans la foule. Le 25 janvier, date du second anniversaire de la révolution, un sinistre record a été atteint : au moins 19 femmes ont été victimes de viols collectifs sur Tahrir. L’une d’entre elles, âgée de 19 ans, portait des traces de mutilations génitales provoquées par un couteau.
Tabou. Le harcèlement sexuel en Egypte n'est pas apparu av




