On pourrait l'appeler le «paradoxe Serval». Depuis son lancement, l'opération de l'armée française au Mali est un succès : fin janvier, elle avait repris en quelques jours le contrôle des principales villes du Nord, sous les vivats d'une population terrorisée durant de longs mois par les islamistes. De plus, elle ne déplore qu'un seul mort dans ses rangs, et son action n'a, jusqu'ici, été entachée d'aucune bavure (lire ci-contre). Dans ces conditions, on pourrait imaginer que le ministère de la Défense favorise la publicité de l'opération Serval. Il n'en est rien.
Zones. Depuis le 11 janvier, l'état-major des armées délivre les informations au compte-gouttes, essentiellement relatives au nombre de sorties aériennes et au déploiement des troupes. Pour des raisons de confidentialité et, donc, de sécurité. Mais ce souci de discrétion est majoré par un fait propre à ce conflit : le recours massif aux forces spéciales, dont Paris ne dit traditionnellement rien, secret défense oblige. Depuis le début des combats, la presse se plaint, non sans raisons, de n'avoir pas accès aux zones de combat (lire page 3). Mais les choses ne sont pas si simples. Sur les routes, ce sont les forces maliennes qui bloquent les journalistes, officiellement pour des raisons de sécurité. Paris assure avoir fait pression sur Bamako pour les laiss




