Jamais depuis des lustres Bruxelles comme les principales capitales européennes n'avaient été aussi inquiètes pour les résultats des élections italiennes. Jamais en effet la péninsule, traditionnellement très europhile, n'a autant douté de l'UE et de la monnaie unique. «C'est la première fois depuis les années 70 que l'Europe est au cœur du débat, et elle est devenue l'objet de clivage politique alors que jusqu'ici elle représentait un sujet consensuel», souligne Marc Lazar, professeur au Ceri-Sciences Po de Paris et à la Luiss de Rome.
L'étriquée victoire du centre gauche de Pier Luigi Bersani, majoritaire à la Chambre des députés mais probablement pas au Sénat, risque de rendre le pays difficilement gouvernable. Mais surtout, le succès dans les urnes du Peuple de la liberté, le parti de Silvio Berlusconi allié de Roberto Maroni de la Ligue du Nord, mais aussi celui du mouvement protestataire du comique blogueur Beppe Grillo expriment l'ampleur d'un sentiment antieuropéen jusqu'ici larvé. Même si de façons différentes, toutes ces forces ont mené campagne contre «les diktats de l'Europe de Merkel», pour reprendre une des antiennes de campagne du Cavaliere, ou en appelant à un référendum contre l'euro, thème favori des gesticulations de Beppe Grillo. «Ce n'est pas encore de l'euroscepticisme, mais les doutes croissants sur la construction européenne, palpables depuis des années, se sont désormais cristallisés autour de l'euro - devenu le symbole de la vie




