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Libération
Interview

«Pro et antieuropéens sont dans un cul-de-sac»

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Vu de France. Jean-Louis Bourlanges, ancien député européen centriste :

Publié le 26/02/2013 à 21h06

Ancien député européen et vice-président de l'UDF, Jean-Louis Bourlanges revient sur les conséquences du vote italien. Pour lui, pas de doute, «ça va tanguer»

Les résultats de ces élections traduisent-ils une défiance vis-à-vis des politiques d’austérité européennes ?

Sans nul doute, même si je ne pense pas que ces politiques soient imposées par l'Europe. Les peuples, et on les comprend, se résignent difficilement aux deux changements majeurs de la situation économique : un changement, de plus en plus perceptible, du cycle long caractérisé par un tassement massif et durable des gains de productivité donc du niveau de vie ; et la mondialisation qui remet partiellement en cause les schémas keynésiens de la croissance par le soutien de la demande intérieure au bénéfice d'une quête ricardienne [de David Ricardo, économiste anglais classique du XIXe siècle, ndlr] de la compétitivité par la maîtrise des coûts de production. Ceci débouche sur une réduction, plus ou moins limitée mais générale, de la protection sociale, sur une pression à l'accroissement de la durée du travail et, malgré les efforts des pouvoirs publics, sur une aggravation des inégalités de revenus, ainsi que sur une détérioration de la situation de l'emploi. Tout cela n'a rien de drôle. Des mesures courageuses et prises à temps en Europe du Nord ont limité les dégâts, mais en Europe du Sud, où l'on a stigmatisé le déclinisme et les réformes, le retournement cyclique frappe de plein fouet.

Est-ce la victoire d’un populisme antieuropéen ?

Les ingrédients du populisme se retrouvent un peu partout en Europe : mise en cause des élites, diabolisati

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