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Analyse

Un bon business de Russie et Paris ferme les yeux

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Tandis que les droits de l’homme sont le parent pauvre de la visite de François Hollande au pays de Poutine, le lobby prorusse est à la manœuvre en France.

Arrestation de l’opposant à Poutine Alexeï Navalny, le 27 octobre, lors d’une manifestation à Moscou. (Photo AFP)
Publié le 26/02/2013 à 21h46

On ne saurait nier à un chef d’Etat le droit de jouer les VRP de l’économie de son pays lorsqu’il se rend à l’étranger. Pas plus à François Hollande, qui est aujourd’hui et demain à Moscou, qu’à Nicolas Sarkozy, lequel, lors de son mandat, avait fait plusieurs passages en Russie. Pour les pragmatiques, l’énergie russe, les beaux restes de l’industrie aérospatiale, ou encore la construction navale valent peut-être une cathédrale - celle que le Kremlin entend, malgré les réticences de la mairie de Paris, faire bâtir sur les berges de la Seine.

La realpolitik est le maître mot des milieux d'affaires agissant entre Paris et Moscou. Certains exemples montrent que les limites entre compromis et compromissions sont devenues floues. A en croire l'hebdomadaire d'opposition Novaïa Gazeta, le directeur de la filiale russe du groupe français Yves Rocher, Bruno Leproux, a porté plainte en décembre auprès du Comité d'enquête, un organisme qui dépend du Président, contre une société de transport derrière laquelle on trouve le célèbre opposant Alexeï Navalny, ainsi que son frère. Or le premier, coorganisateur des grandes manifestations anti-Poutine de l'hiver dernier, fait l'objet depuis des mois d'un véritable harcèlement judiciaire.

«Lâcheté». Pour une bonne partie de l'opinion publique russe, le géant français du cosmétique a été piégé par le Kremlin. «Yves Rocher a été trompé ou bien quelqu'un lui a fait peur», a commenté Al

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