Le Caire continue de flamber par à-coups, mais n’est plus le cœur de la révolte égyptienne. Dans presque toutes les régions, des affrontements opposent de façon quasi continue des manifestants aux forces de l’ordre. Cette colère a été ces dernières semaines vivace à Alexandrie, à Mahalla, mais aussi à El-Ariche, à Kafr-el-Cheik ou à Mansoura. Mais c’est à Port-Saïd qu’ont eu lieu les heurts les plus violents.
Dans la cité portuaire, à l’embouchure méditerranéenne du canal de Suez, ces violences ont pris une tournure surréaliste dimanche, lorsque policiers et militaires en sont venus à se tirer dessus. Si les deux institutions nient les faits, des témoins oculaires ainsi que des vidéos en attestent. L’armée aurait tenté de jouer les médiateurs entre les contestataires et les policiers, exhortant ces derniers à n’user que des gaz lacrymogènes. Les forces de l’ordre auraient continué à tirer avec des armes à feu, provoquant une riposte des soldats, soutenus par les habitants. Deux policiers sont décédés et un colonel de l’armée a été grièvement touché. Le ministère de la Santé fait, lui, état de trois morts et de 500 blessés parmi les manifestants. Cet épisode n’est pas le premier accrochage entre les deux bras armés de l’Etat, mais il illustre une fois de plus la faiblesse d’un exécutif qui semble n’avoir prise ni sur l’un ni l’autre.
Green Eagles. Port-Saïd est un symbole du refus de l'autorité. Les événements du week-end interviennent aprè




