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Reportage

Israël : «Avec un copain, ils nous ont mis en prison»

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Alors que l’Unicef s’alarme du nombre de mineurs palestiniens arrêtés par Tsahal, des adolescents évoquent leur détention.

Arrestation d'un jeune Palestinien lors d'une manifestation contre Israël à Hébron, en juin. (Photo AFP)
ParAude Marcovitch
Envoyée spéciale à Beit Ommar (Territoires palestiniens)
Publié le 05/03/2013 à 21h36

«Les soldats ont cogné fort à la porte. Il était 4 heures du matin. C'est moi qui leur ai ouvert. Ils ont commencé à crier parce qu'on ne leur avait pas ouvert assez vite, ils ont aussi crié sur mes petits frères. Ils m'ont demandé mon nom, ils ont vérifié avec leurs papiers et puis ils m'ont poussé violemment contre le mur et m'ont emmené. Dehors, ils m'ont laissé attendre sous la pluie. Il faisait froid. Ils m'ont de nouveau poussé plusieurs fois contre le mur, et m'ont donné des gifles. Après, avec un de mes copains, ils nous ont emmenés à la prison d'Assioun.» Grand garçon à la peau sombre, Saed Hudeeb, 16 ans, vit à Al-Arroub, un «camp de réfugiés» créé en 1949 et coincé au bord de la route entre Bethléem et Hébron.

Dans l’entrelacs des ruelles d’Al-Arroub, ses 10 000 habitants sont habitués aux confrontations avec les soldats israéliens : le camp a été le théâtre de violents affrontements durant la seconde Intifada, au début des années 2000. Les traces caillouteuses des manifestations de la semaine dernière en faveur des prisonniers palestiniens jonchent encore le sol à l’entrée du camp. Mais, pour la famille Hudeeb, le conflit a franchi pour la première fois le seuil de leur maison la nuit du 31 janvier.

jets de pierre. «Ces arrestations, on avait déjà vu ça chez les voisins, raconte la mère de Saed. Mais quand tout à coup les soldats entrent chez vous, c'est pas pareil.» Pendant les premiers jours de la d

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