Ses notes étaient bonnes, il était motivé, mais les étudiants noirs ou latinos lui ont piqué la place. «Je ne peux pas le prouver formellement, explique Matthew Boddum, étudiant blanc originaire de Californie qui, sur le tard, s'était découvert une vocation de médecin. Mais je vois bien les statistiques : les Noirs et les Latinos réussissent à entrer en médecine avec des notes moins bonnes que les candidats blancs.» Matthew raconte avoir envoyé sa candidature à pas moins de 75 écoles de médecine dans tous les Etats-Unis, en 2009 et 2011. «Au total, cela m'a coûté près de 24 000 dollars, sans compter les cours de préparation, précise-t-il. Et tout ça pour comprendre qu'en tant que Blanc, et du fait de critères totalement opaques, je n'avais qu'une chance réduite d'être admis.» Pas une des 75 universités où il s'est présenté n'a voulu de lui, poursuit Matthew, qui, ainsi forcé de renoncer à sa vocation d'Hippocrate, s'apprête à quitter les Etats-Unis pour tenter une carrière de prof de sciences en Grande-Bretagne.
Alors qu'ils viennent de réélire leur «premier président noir», les Américains s'interrogent sur la politique même qui a permis l'ascension d'Obama, l'affirmative action, c'est-à-dire la «discrimination positive» (en 1990, à Harvard, Barack Obama avait reconnu en avoir lui-même «sans aucun doute bénéficié»). Appliquée depuis les années 60 dans la plupart des universités américaines, publiques ou privées, elle perme




