Près de deux ans après le début de la contestation en Syrie et de sa féroce répression dans le sang, Médecins sans frontières (MSF) lance ce jeudi un appel d'urgence aux donateurs et à la communauté internationale. A la différence de quelques organisations locales dont le Croisssant-Rouge syrien, l'organisation n'a pas l'autorisation du régime de Bachar al-Assad pour agir en Syrie. Elle opère donc, depuis un an et demi, dans une sorte de semi-clandestinité, cantonnée aux zones du nord contrôlée par les rebelles. L'aide apportée étant dérisoire par rapport à la «situation humanitaire catastrophique» du pays, MSF demande que son acheminement, à partir des pays voisins ou à travers les lignes de front, soit traité de manière distincte et prioritaire dans les négociations entre les belligérants.
Le système de santé syrien, bien organisé avant la guerre, est aujourd'hui complètement réduit à néant. Les stocks de médicaments sont épuisés, les ambulances font défaut, les hôpitaux publics sont détruits ou surveillés, les personnels pris pour cibles, les patients emprisonnés, parfois torturés. L'électricité n'est plus qu'un lointain souvenir, on soigne au générateur, dans le meilleur des cas. S'ajoute, dans ce tableau, l'extrême difficulté d'accès aux villes, scindées en deux par les combats ou encerclées. «C'est le chaos»




